Salage des routes: la nature déguste

Avec les épisodes neigeux de décembre,on battra peut-être des records de salage des routes. Au grand dam des grenouilles, des poissons et même des cerfs! Tous les ans on épand en France jusqu’à 2 millions de tonnes de sel. En montagne cela peut grimper jusqu’à 80 tonnes au kilomètre carré. Outre ses principaux composants, le chlore et le sodium, le sel recèle aussi des métaux lourds (zinc, plomb, cadmium, etc…) toxiques dans l’environnement.

Ainsi, le lac de Luitel (Isère) a vu ses teneurs en sel passer de 3,7 milligramme par litre (mg/l) en 1955 à 49 mg/l en 1999. Résultat: en 1952, on y dénombrait 243 espèce de phytoplanctons. Il n’en restait plus que 106 en 2000. Le sel intoxique aussi les amphibiens, empêche la floraison des pins et attire les cerfs gourmands aux abords des routes, augmentant le nombre d’accidents : » Il faut cesser de considérer le salage comme le premier remède et tenter des solutions alternatives comme les solutions mécaniques ou promouvoir les équipements individuels des véhicules« , assure Demba Diedhiou, chargé du dossier à France Nature Environnement.

Le Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements ( Setra, Secrétaire d’Etat aux transports) élabore une note d’information qui préconise notamment de réduire le salage aux abords des rivières, lacs et zones humides. Tout en prévenant les conducteurs évidemment. L.C

article sciences et avenir (Fev 2011).